2 octobre 2016 - Fière rivière de Cantley

La rivière Gatineau – un don de beauté et de vie pour les générations de demain.

Organisé par La Grange de la Gatineau et Cantley 1889, avec l’aide du Club Lions de Cantley, cet événement était le dernier de six événements Fière rivière tenus dans la région par la Maison Fairbairn.

Juchée sur les rives de la rivière Gatineau, l’historique Grange, tout en bois rond, créait l’ambiance parfaite pour cet après-midi. Cantley 1889 accueillait les invités dans la salle du rez-de-chaussée en leur présentant une petite exposition sur l’histoire de la rivière. Sept des Barrhaven Fiddleheads étaient dans le grand hall pour jouer des airs de violon traditionnels, tandis que le Club Lions de Cantley offrait des collations et invitait les enfants à jouer à toutes sortes de jeux.

L’artiste Hannah Ranger a encouragé toutes les personnes présentes à participer à son projet artistique communautaire. Il s’agissait d’écrire sur un ruban bleu ce que la rivière Gatineau représentait pour soi. Chaque ruban était ensuite attaché à une branche de bambou plantée dans l’entrée de La Grange, juste à temps pour le moment fort de l’après-midi : la pièce de théâtre musicale d’Ian Tamblyn intitulée « A River Runs Through Us ».

La pièce évoque les grands événements historiques entourant la rivière Gatineau, ses légendes et ses habitants. Cinq acteurs talentueux ont interprété 33 personnages à travers une histoire et des chansons qui étaient à la fois divertissantes, brillantes, poignantes et parfois même hilarantes. L’auditoire a appris à connaître l’histoire et la culture de la rivière Gatineau tout en se divertissant et a pu par le fait même ressentir un grand sentiment de fierté et de proximité par rapport à la Gatineau.

Voir résumé ci-dessous



Une rivière coule en nous

Quelques mots sur la pièce...

Résumé par Marie-Josée Cusson

Pat et Paul vont à la pêche sur des berges peu fréquentées de la rivière Gatineau. Ils y font la rencontre du fantôme de Pauline Morriseau, une jeune Algonquine qui dit être la gardienne de la rivière. Elle souhaite leur transmettre un message. D’abord incrédules, les deux pêcheurs se laissent guider par Pauline. Ils prendront conscience des batailles et victoires passées de la Gatineau ainsi que des richesses qu’elle recèle pour l’avenir.

Cette pièce de théâtre musicale vous transportera dans les siècles passés, à l’époque de la drave. À travers l’histoire de Pat et Paul, vous serez conquis par l’âme pure de la Gatineau.

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Les grands glaciers ont traversé la vallée et creusé un sillon qui allait devenir la tumultueuse Te Ne Gadino Zibi, qui signifie « la rivière où le voyage s’arrête ». Ce sont les Algonquins qui l’ont nommée ainsi en raison des chutes et des rapides qui lui donnaient sa personnalité fougueuse.

Comme ailleurs, la nature a fait place à la civilisation. Venu des États-Unis à la fin du 18e siècle, Philemon Wright s’y est installé pour faire des affaires. C’était le début de la drave en Outaouais.

Pauline amène Pat et Paul sur ces lieux. La rencontre avec Philemon Wright provoque un choc culturel entre l’Algonquine, qui défend les origines de la rivière, et Wright, qui a une grande vision mercantile.

Les Algonquins n’ont jamais cédé leurs terres, mais les hommes venus d’ailleurs l’ont utilisée comme si elle était leur possession.

Grâce à leur guide venue des temps passés, Pat et Paul apprennent à connaître le quotidien des draveurs, cette industrie en plein essor au 19e siècle.

Ils apprennent par exemple que la drave est un travail périlleux. Les draveurs sont de braves hommes qui doivent savoir manier les billots et éviter les dangers de la féroce Gatineau. À l’époque, des dizaines de millions de pieds-planche de billots de bois étaient transportés chaque année dans la rivière vers le fleuve St-Laurent, un volume immense!

Le contremaître est celui qui dirige les opérations. Samuel Bingham, un homme bienveillant, est un réputé contremaître. On le surnomme le Roi des Cascades. La façon dont il est mort témoigne de l’ironie de sa destinée.

Pat et Paul apprennent aussi que la construction des barrages sur la Gatineau a mis 4 000 hommes à l’ouvrage pendant plus d’un an. De grandes cuisines avaient été aménagées pour les nourrir.

Ces activités ont nui au peuple de Pauline : elles ont été la cause de maladies, de problèmes d’alcool et du déplacement forcé des Autochtone vers le nord pour survivre. La construction des barrages a aussi eu des conséquences sur les familles d’agriculteurs de l’Outaouais et leur bétail, qui occupaient ces terres depuis un siècle. Certaines familles ont été expropriées et n’ont reçu qu’une modique compensation.

Revenus à leur époque, les deux jeunes pêcheurs comprennent le message de Pauline et posent un regard nouveau sur leur fière rivière.

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Après 160 ans de drave, a-t-on fait amende honorable envers les premiers peuples qui protégeaient la rivière Gatineau? De nos jours, a-t-on conscience du joyau qu’est ce cours d’eau? Nous avons certes fait un bout de chemin. La reconstruction du pont de Wakefield et la remise en état du bateau-remorque Le Champagne sont toutes des initiatives communautaires qui avaient pour but de mettre en valeur le patrimoine de la rivière Gatineau, en souvenir du passé.

Et maintenant, nous sommes à la croisée des chemins. Arrêtons-nous un moment et pensons à la chance que nous avons d’avoir cette rivière dans notre vie.


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