Articles Cantley 1889

<em>Echo</em> Cantley <em>Echo</em>

Cet article a été publié par l'Écho de Cantley Septembre 2019, Volume 32 no 3. L'Écho de Cantley a explicitement autorisé la publication de ces articles pour l'information et le plaisir nos lecteurs.

N’oublions pas d’être reconnaissants

Mary Holmes - Traduction de Christine Fournier

Lieutenant Norman Burke de Cantley, 4 septembre 1940

Combien de fois avonsnous entendu à quel point les hommes qui partaient à la guerre étaient jeunes? Les garçons de Cantley n’ont pas fait exception. Ils étaient principalement des jeunes élevés dans une ferme, qui un jour taquinaient les fi lles du voisin et qui l’autre, ont dû s’enrôler et faire ajuster leur uniforme pour partir en entraînement la semaine suivante.

Rien de ce qu’ils avaient vécu jusque-là n’aurait pu les préparer aux horreurs de la guerre. Le père Willie Doyle était à la bataille de la Somme en septembre 1916. Dans une lettre à son père, il écrivait :

Le début de notre parcours s’est fait dans une tranchée étroite dont le sol était constitué de boue épaisse et profonde et de corps d’hommes piétinés. C’était horrible, au-delà de toute description, mais il n’y avait rien à faire, nous marchions en silence sur les cadavres à demi pourris de nos braves hommes, tous plongés dans nos propres pensées. Je vous épargne les macabres détails, mais vous pouvez imaginer la sensation vécue alors que le sol cède et que votre pied s’enfonce dans le corps d’un pauvre compatriote. Une demi-heure de cet enfer nous a fait déboucher en plein milieu d’un champ où une bataille avait eu lieu quelques jours plus tôt. Bon Dieu, quelle vision! J’avais tenté de me préparer, mais mes lectures et mon imagination étaient bien loin de la réalité.*

Il n’y a aucun mot pour exprimer convenablement notre gratitude pour la dévotion des aumôniers, la bravoure des unités médicales de terrain et la bonté des infirmières qui ont réconforté ces jeunes gens si loin de la tendresse de leur famille. Une génération ou deux plus tard, l’esprit de cet altruisme perdure dans les malheureuses guerres que nous menons aujourd’hui.

Le bon vivant Billy (William) Burke, seconde guerre mondiale.

Malgré tout, la camaraderie entre soldats, la capacité à s’amuser dans les pires situations et de rire même entourés par la mort sont des moments de répit que ces jeunes ont partagés. D’ailleurs, deux frères de Cantley ont rapporté une histoire amusante de la Seconde Guerre mondiale. Norman était officier, mais Billy ne l’était pas. Toutefois, Billy était du genre à être le roi de la fête. À Londres, alors qu’il rendait visite à son frère pendant une permission, Billy empruntait souvent les uniformes d’offi - cier de Norman pour aller fêter au mess avec ses « collègues » offi ciers. Personne ne l’a jamais dénoncé, bien sûr. Par chance, les deux frères ont survécu pour raconter leurs histoires de guerre, dont certaines de leurs espiègles péripéties.

La plupart des garçons de Cantley sont revenus à la maison pour vivre une vie heureuse et productive. Pour cette raison aussi, leurs descendants sont reconnaissants.


*Extrait (et traduction libre) de To Raise the Fallen, A Selection of the War Letters, Prayers, and Spiritual Writings, par le père Willie Doyle, S.J., compilé et publié par Patrick Kenny. En novembre 1915, le père Doyle a été nommé aumônier de la 16e division irlandaise. Il était profondément dévoué à ses « pauvres braves garçons ». Il est mort au combat à Ypres le 16 août 1917.