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<em>Echo</em> Cantley <em>Echo</em>

Cet article a été publié par l'Écho de Cantley Avril 2019, Volume 30 no 10. L'Écho de Cantley a explicitement autorisé la publication de ces articles pour l'information et le plaisir nos lecteurs.

L’histoire d’un colon de Cantley et d’un patronyme qui faillit s’éteindre
La fois où W. Boon s’est accroché à un rocher jusqu’à ce qu’Anthony Cullen vienne à sa rescousse

Voici un extrait d’un article paru dans The Ottawa Citizen le 23 décembre 1933, traduit en français pour vous.

Traduction de Marie-Josée Cusson

Maison de la ferme Boone, à Cantley – photo de 2018 prise par Pierre Bélisle avec l’autorisation de la famille Robertson.

« Lors de la construction du canal Rideau, entre 1827 et 1832, plusieurs décès survenus sur les lieux n’ont jamais été reconnus officiellement. Ce récit raconte le péril immense qu’a vécu un dénommé William Boon, venu s’installer à Cantley à la fin des travaux en 1832.

William Boon arriva à Bytown en 1827 avec son épouse, Jane Chambers. Ils venaient de Londonderry, en Irlande. Monsieur Boon trouva du travail sur le canal Rideau comme opérateur de scie à bras. Il devait scier le gros bois servant à fabriquer les portes et leurs bras d’écartement.

Au début des années 1830, lors d’une crue printanière, il travaillait tout en haut du barrage d’une dizaine de mètres aux écluses de Long Island. Le débit d’eau était immense à cet endroit, causant un torrent pouvant tout emporter sur son passage. Monsieur Boon, un homme grand et fort, perdit pied et fut emporté dans les eaux tumultueuses. Il réussit à attraper une saillie rocheuse au milieu du cours d’eau, quelques centaines de mètres plus loin, à 15 mètres de la berge.

Ses collègues essayèrent de le sauver des flots en lui lançant une corde, mais ils ne purent pas l’atteindre. C’est là qu’arriva le grand Anthony Cullen. Après plusieurs essais, il réussit à placer la corde le long du rocher auquel Boon s’accrochait. Boon l’attrapa et relâcha le rocher.

Il fut immédiatement emporté par le courant féroce, mais plusieurs mains tenaient la corde, au bord de l’eau. Il fut ramené en sécurité en quelques minutes.

En 1832, quand les travaux sur le canal furent achevés, William Boon, son épouse et leur jeune fils, Joseph, se joignirent à des travailleurs du canal qui décidèrent de rester au Canada et d’aller s’installer à Cantley. Le groupe traversa la rivière Gatineau à bord de radeaux juste en bas de ce qui allait être le pont AlonzoWright. Ils ouvrirent un sentier du côté est de la rivière, entrèrent dans Cantley et parcoururent collines et ravins. Ils n’avaient ni chevaux, ni voitures. Ils transportaient leurs effets sur leur dos.

Si ce n’eut été de l’habileté d’Anthony Cullen, aucun Boon ne serait venu aider à coloniser la Gatineau. »

Remarque : On utilisait les graphies « Boon » et « Boone » de manière interchangeable dans la même famille.

Tous nos remerciements vont à Patricia Lawlor pour les découvertes qu’elle a faites pendant ses recherches pour le projet de photos patrimoniales de Pierre Bélisle.


 
(À gauche) Mary « Minnie » Boone (1874-1952 – fi lle de Joseph Boone et Ann Neeley), Mlle Ainsworth et Marion Sargent qui tient le bébé Graeme Smith. Cantley, vers 1927. La photo est une gracieuseté de la Société historique de la vallée de la Gatineau.
Grange de la ferme Boone, à Cantley – photo de 2018 prise par Pierre Bélisle avec l’autorisation de la famille Robertson.

 
William Boone (décédé en 1880 à l’âge de 81 ans). Pierre tombale de son fi ls, Joseph Boon (décédé en 1882), à l’arrière, cimetière uni de Cantley