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Cet article a été publié par l'Écho de Cantley Décembre 2018, Volume 30 no 6. L'Écho de Cantley a explicitement autorisé la publication de ces articles pour l'information et le plaisir nos lecteurs.

Des souvenirs de Noël à Cantley – les années 1940

Le Noël de la famille Dean sur « le chemin Burr »

Joyce Dean Hayes et Gregory Dean, traduction de Marie-Josée Cusson

Depuis 1857, l’année où nos arrière-grands-parents Anthony Dean et Bridget McDonnell se sont mariés, la famille Dean célèbre Noël à la ferme familiale sur « le chemin Burr » (qui est aujourd’hui le chemin Ste-Élisabeth). Nos grands-parents Anthony Dean et Bridget Hogan et nos parents Raymond Dean et Mabel Shea ont poursuivi la tradition familiale au même endroit.

École St. Mary (devant chez James Birt sur « le chemin Burr », qui est aujourd’hui le 235, ch. Ste-Élisabeth), au milieu des années 1940 – Joyce Dean (devant) avec Brian et Tony Dean, Harold, Lewis et Mae Holmes, Irene McDermott, Claudette, Lola et Ethel Maisonneuve, Leonard et Agnes Burke, le père Francis Brennan, Mme Maisonneuve, un garçon en visite. Photo : gracieuseté de Joyce Dean Hayes.

Dans les années 1940, il n’y avait pas de traditions de Noël particulières à l’école St. Mary, sauf que nous pouvions rentrer chez nous à midi, la veille des vacances. Les vacances duraient jusqu’après Noël, le 6 janvier.

Nos concerts de Noël avaient lieu à la salle paroissiale Ste-Élisabeth. La plupart des enfants de la paroisse y prenaient part. Ils chantaient et récitaient des cantiques de tout leur cœur. Une année, nous avons récité chacun notre tour des maximes pour chacune des lettres du mot C-H-R-I-S-T-MA-S. Une autre année, le jeune Denis Prud’homme a entonné une chanson en français. Dans l’église, il y avait de petites marches pour monter sur une scène, qui se trouvait derrière un rideau. De chaque côté de la scène, un espace donnait sur un petit cabinet de toilette qui servait aussi de loge. Il y avait également un sapin de Noël avec de petits cadeaux, que les enfants pouvaient déballer en fi n de soirée.

Nos propres festivités commençaient quelques jours avant cela, quand notre père allait couper un arbre dans la forêt. Nous avions l’habitude de le décorer la veille de Noël. Notre mère se plaisait à y mettre des ornements faits à la main et quelques autres, plus spéciaux, qu’elle avait achetés en ville. Nous faisions ensuite la sieste, puis nous étions prêts à braver le froid pour aller à la messe de minuit.

Trois messes étaient récitées en latin, et la première se déroulait à minuit. Nous la suivions en anglais dans nos cahiers de messe. L’église était décorée de couronnes de Noël et d’une grande crèche bordée de petites collines pour le mouton, à la droite de l’autel. Pour éclairer l’intérieur de l’église, des lampes à l’huile étaient suspendues aux piliers et une grande lampe pendait au-dessus de la nef.

Au retour de l’église, nous allions directement au lit parce que nous devions nous lever tôt pour voir ce que le père Noël nous avait apporté. Nous recevions toujours des cadeaux, comme des oranges (un cadeau très spécial), des bonbons durs et des bonbons à la menthe que mon père avait rapportés de la ville. Ma mère s’occupait des autres cadeaux, comme des jeux de société. Une année, j’ai aussi reçu un livre contenant des poupées et des robes à découper, juste pour moi, Joyce la « tom-boy ». Étant la seule fi lle au milieu de trois frères (Tony, Brian et Gregory), j’ai joué avec leurs jouets jusqu’à la naissance de mes sœurs, Margaret et Marilyn.

Nous dînions tôt, le jour de Noël. En prévision des Fêtes, ma mère confectionnait un pudding de Noël, plein de biscuits et un gâteau aux fruits cuisiné dans trois plats carrés de tailles différentes. Notre père attelait les chevaux, il plaçait du foin dans la carriole, puis nous partions en direction des grands-parents Shea (Tom Shea et Mary Theresa Burke). Il s’asseyait sur le siège arrière de notre voiture, qu’il avait retiré de notre voiture remisée pour l’hiver. Nous nous asseyions quant à nous sur le foin réchauffé par des briques et nous nous recouvrions de peaux de bison pour rester bien au chaud. Parfois, nous descendions de la carriole pour courir à côté.

Nous allions rejoindre nos cousins O’Keefe, qui vivaient en face de chez notre grandmère, et nos oncles et tantes qui vivaient encore chez leurs parents, et nous partagions tous un gros repas de dinde et les gâteries que grand-maman avait préparés.

Dans le temps de Noël, les clochettes sur l’attelage des chevaux semblaient résonner des airs encore plus joyeux. Nous nous rappelons nos nombreuses fêtes de Noël à Cantley avec beaucoup de bonheur.


Thomas Shea et Mary Burke Shea, les grands-parents maternels des auteurs, le jour de leurs noces, le 3 juillet 1900. Photo : gracieuseté de Tony Dean.
Les grands-parents Bridget Hogan Dean et Anthony Dean ont poursuivi les traditions de Noël de 1857 de la famille Dean. Photo : gracieuseté de Tony Dean