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Cet article a été publié par l'Écho de Cantley Novembre 2018, Volume 30 no 5. L'Écho de Cantley a explicitement autorisé la publication de ces articles pour l'information et le plaisir nos lecteurs.

100 ans plus tard, nous nous souvenons encore d’eux : Jimmy Smith (1899-1996)

Le 11 novembre 2018 marquera le 100e anniversaire de la fiin de la Première Guerre mondiale, la Grande Guerre, la Guerre des Guerres

Mary Holmes, traduction de Marie-Josée Cusson

Jimmy Smith était un petit immigrant britannique que George et Catherine Burke de Cantley ont adopté et quiluiont ofifiert deux « sœurs », Lola et Grace.

En 1914, Jimmy est partià la guerre. Ilnous raconte...

« (...) Je ne me souviens plus pourquoije me suis enrôlé, quand la guerre a éclaté. Je travaillais chez Ottawa Paintwork et, le 24 mai, le jour de la fiête de la Reine, j’aimis mes beaux habits et je suis allé fiaire une promenade dans le coin de la Colline du Parlement. J’airencontré un soldat et ilm’a demandé sije voulais m’enrôler. J’airépondu : « Pourquoipas? ». Ilm’a emmené au bureau de recrutement. Le soldat derrière le bureau a pris des notes, m’a donné le document et m’a dit de le remettre au sergent. Le sergent m’a remis tout l’équipement nécessaire. Je suis resté deux semaines à Ottawa, puis on nous a envoyés en Angleterre. C’était en 1914, sije me souviens bien. Je suis né en 1899. J’avais donc seulement 15 ans, mais ils m’ont fiait passer pour 17 ans.

Le voyage outremer a été dififiicile. Je me souviens que nous avons quitté le port à 20 h. Le soleilse couchait. Je fiumais une cigarette, puis un caporalquise trouvait aussià bord m’a dit d’éteindre ma cigarette. Une chance qu’ilm’a dit cela, parce que, en temps de guerre, on ne sait jamais où l’ennemise cache. Le navire était remplide soldats, mais néanmoins tout semblait bien aller. La nourriture n’était pas très bonne. Ils nous ont tous donné de la soupe. J’aitrouvé une souris dans la mienne.

Une fiois en Angleterre, j’aiséjourné à Aldershot. J’aimais bien les Forces. On avait des concerts, et les garçons chantaient tout le temps. Certains jouaient de l’harmonica. Moiaussi, j’en jouais! Et aussile violon! J’aimais bien leur compagnie. On avait un bon groupe. On n’avait que des chevaux à cette époque-là. Pas de voiture, nide téléphone.

J’aimais bien le Service fiorestier. (...) En France, on construisait des chemins de fier. Les chevaux tiraient le bois jusqu’à l’endroit où on le sciait. J’étais bûcheron. Les arbres étaient aussihauts que moi, mais leur tronc était gros. On se servait d’une hache et d’une scie pour les couper. C’était des pins blancs. On travaillait fiort. On les coupait aussiprès du solque possible. Et on se servait de coins d’abattage pour orienter leur chute. Plus on les coupait, plus on insérait le coin profiondément. Parfiois, quand l’arbre se mettait à tomber, ilse dirigeait vers nous et nous devions luidonner une poussée pour qu’ilaille dans l’autre direction.

Je suis revenu à Ottawa en 1919. J’aurais préfiéré rester en Angleterre. J’aurais peutêtre pu retrouver mes firères et ma sœur. Je n’aijamais pu les rencontrer.

Le retour au pays a été dificile. J’étais étendu au solet je pouvais sentir les vagues s’abattre sur les hublots. Je me sentais malade et j’avais l’impression de m’être noyé. »

Jimmy est revenu « chez lui», à Cantley, auprès de sa « fiamille » Burke. Plus tard, ila travaillé et vécu avec Lola et Ray sur la fierme Foley, jusqu’à sa retraite au Centre de santé Rideau pour anciens combattants à Ottawa.

Ces mots de Jimmy proviennent de l’ouvrage intitulé In Their Own Words, écrit par William Horrocks, quirecense des souvenirs du temps de la guerre d’hommes et de fiemmes quivivaient au Centre de santé Rideau pour anciens combattants à Ottawa (publié en 1993 par le Conseildu Centre de santé).

Mercitout particulièrement à Mary Ann Carss Hogan de nous avoir prêté son exemplaire de cet ouvrage pour que nous puissions fiaire part de certains passages de l’histoire de Jimmy aux lecteurs de L’Écho.

Jour du Souvenir 2018

Vous êtes invités à assister à la cérémonie du jour du Souvenir quise tiendra au cimetière des pionniers de Chelsea, le dimanche 11 novembre à 10 h 30(587, Route 105, Chelsea, Québec).

La couronne de Cantley sera déposée par Jan Turko, citoyen de Cantley et vétéran de la Deuxième Guerre mondiale, et Aimé Sabourin, conseiller de Cantley.

Cette cérémonie est soutenue par la Société historique de la vallée de la Gatineau, afiin d’honorer nos vétérans à la tombe du soldat Richard Thompson, quis’est vu décerner l’Écharpe de la Reine. Des membres de son régiment royalcanadien et des Services de santé des Forces canadiennes seront présents.


Jimmy Smith de Cantley, 97 ans (à droite), en compagnie du gouverneur généralRay Hnatyshyn (au centre), au lancement de la Campagne nationale du coquelicot en 1994, quis’était déroulée au Centre de santé Rideau pour anciens combattants, à Ottawa. (The Ottawa Citizen, 27 octobre 1994)
La mairesse Madeleine Brunette et Mary Holmes de Cantley 1889 déposent la couronne de Cantley, en 2017