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Cet article a été publié par l'Écho de Cantley avril 2015, Volume 26 no 9. L'Écho de Cantley a explicitement autorisé la publication de ces articles pour l'information et le plaisir nos lecteurs.

Pré-histoire du Club du ski du Fond, Nakkertok nordique1

par Wes Darou

Le mois dernier, nous avons présenté une histoire du Club de ski de fond Nakkertok Nordique. Ce mois-ci, l'article traite de la pré-histoire de Nakkertok !

La ferme d'Elizabeth Darby du chemin de peuplement, vers l'Est. L'étang Van Wijk est en arrière de la maison. Alfred M. Edmonds, 1873, Bibliothèque et Archives Canada.

Sous les collines vierges et les sentiers errants de Nakkertok se trouvent des vestiges d'un autre temps. Les peuples des Premières nations furent les premiers occupants de la région et non les colons européens. Tout l'Outaouais constituait une route commerciale pour la Première nation Odawa jusqu'à ce qu'elle s'installe à l'extrémité nord du lac Michigan au 17e siècle. Les terres qui composent le Cantley d'aujourd'hui auraient été des territoires de chasse pour le groupe d'Anishinabwe qui contrôlait le commerce à l'embouchure de la rivière Gatineau. Au début du 19e siècle, des colons, dont Philemon Wright, ont pris possession de ces anciennes terres autochtones, malgré leurs protestations à l'époque.

Ce sont les trois familles Darby, Burke et McGovern qui ont d'abord colonisé les terres de Nakkertok Sud durant les années 1830.

  • Elizabeth Holmes Darby (1802 - 1878), depuis 1840 veuve de Joseph Darby (1800 - c1840), s'installe sur une ferme dans le coin nord-ouest de Nakkertok et prend possession du titre de propriété en 1861. Nous pouvons encore voir les fondations de sa maison et une grange, un étang et une clôture de pierre. Le chemin de peuplement original se trouve encore aujourd'hui une importante piste de ski Est-Ouest. Le Club a placé une plaque historique sur le site en question.
  • Hugh Darby (1836 - 1913), son fils, a obtenu le lot à côté vers le Sud-Est. La fondation de ce qui pourrait être sa ferme est également visible.
  • Michael Burke (1817 - 1889 et enterré à Cantley) possédait le lot du coin au Sud-Ouest de Nakketok, c'est à dire à l'angle Sud-Est de Cantley, soit la ferme des Weber aujourd'hui. Il a acheté ces terres de John et William Smith qui ont reçu le certificat de possession original en 1830. Burke a officiellement obtenu le titre de propriété en 1861.
  • Farrell McGovern (1820 - 1900 et enterré à Quinnville) était propriétaire de 200 acres à l'Est de la ligne entre les cantons de Hull et de Templeton, aujourd'hui l'avenue Gatineau, avant 1852. Il a obtenu titre en 1863. Après 20 ans, il a déménagé trois milles vers l'Est sur de meilleures terres, son lot original étant décrit comme une « ferme de pierres ».

Il est écrit dans le Recensement du Canada de 1851 que « Les terrains sur lesquels vos agents recenseurs sont passés, se trouvent des plus pauvres, très rocheux et montagneux. Seule une petite partie est cultivable pour bien peu de rendement tel que démontré par les piètres résultats agricoles. » (traduction libre).

La ferme d'Élizabeth Darby du chemin de peuplement, vers l'Ouest. La piste No4 est au droit devant la grange. Alfred Edmonds, 1873, Bibliothèque et Archives Canada.

En plus du boom agricole, Cantley, y compris les terres de Nakkertok aujourd'hui, a aussi été transformé par l'exploitation minière. Deux grandes mines ont été exploité sur les terres de Nakkertok : la mine de fer Haycock (1872-1875) et la mine de mica et de phosphate Scotch John (1872-1970). Les puits des mines Haycock et Scotch John sont encore visibles aujourd'hui à partir des pistes de ski 1 et 4. Plusieurs autres plus petits puits sont aussi encore visibles et quelques routes d'accès aux mines sont devenues des pistes de ski et de raquette.

Pour une courte période de quatre années au début des années 1870, sur la propriété à l'Est de la ligne électrique, en particulier là où la piste 1 croise l'ancienchemin de peuplement, se trouvait le village Hématite avec une boulangerie, une scierie, une écurie et des maisons. Portant le nom du minerai qu'on y exploitait, le village s'est développé en un an. Construire quoi que ce soit dans ce village isolé compte tenu de la technologie limitée de l'époque représentait tout un défi. Le village a brûlé en 1878.

Un tramway longeait ce qui est maintenant l'avenue Gatineau, à partir de la rivière Gatineau jusqu'à l'entrée de Nakkertok, puis virait à l'Est. Il transportait le minerai de fer extrait de la zone jusqu'au quai près de la rivière Gatineau et des usines de transformation.

On y a fait de l'exploitation forestière pendant une centaine d'années, d'abord par Haycock et des colons au cours des années 1870 et par d'autres jusqu'aux années 1970. À l'origine, on y effectuait des coupes à blanc pour fournir les machines de traitement de l'exploitation minière en matériel de chauffage et de construction. Plus tard au 20e siècle, on y a fait des coupes plus sélectives avec les espèces d'arbres de plus grande valeur comme la pruche, l'érable et le chêne pour en faire du bois de sciage et du bois de feu. Avec un bon sens d'observation, on peut déceler de vieux chemins forestiers et, ou encore reconnaître une forêt mixte en santé ou des signes de coupes à blanc.

1 Remerciements à Bob McClelland, Mary Holmes, Michael Rosen, Caroline Marchand, Robert Grenier et Marc St-Jacques (du BANQ) pour leurs co3ntributions.

Le tramway et une scierie en regardant vers ce qui est aujourd'hui, la piste No1 de Nakkertok. L'artiste, Edmonds, avait remporté un prix à l'Exposition provinciale d'Ottawa pour ses dessins de l'exploitation forestière dans la vallée de l'Outaouais, semblables à celui-ci. Alfred M. Edmonds, 1873, Bibliothèque et Archives Canada.

 

Cette très belle photo de 1954 d'un M. Charron en train de débusquer dubois à pâte en hiver a été prise au sommet de la Chute Charron sur ce qui est aujourd'hui la piste 1 de Nakkertok par l'un des plus célèbres photographes du 20e siècle au Canada. Malak of Ottawa.

 

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