Articles Cantley 1889

Echo Cantley Echo

Cet article a été publié par l'Écho de Cantley décembre 2014, Volume 26 no 6. L'Écho de Cantley a explicitement autorisé la publication de ces articles pour l'information et le plaisir nos lecteurs.

L'école protestante de Cantley dans les années 1940

par Reta Barton Milks, traduction : Marie-Josée Cusson

À une certaine époque, l'école protestante de Cantley se dressait fièrement à l'est du chemin de Cantley (que l'on appelle maintenant la Route 307), à l'intersection du chemin Sainte-Élisabeth. L'école a passé au feu, mais les fondations, de même que le hangar et l'écurie, sont toujours là.

Inaugurée au tournant du siècle, l'école ne comptait qu'une seule classe, comme c'était le cas dans bien des régions rurales du Canada. La cour offrait tout l'espace nécessaire pour jouer au ballon et à d'autres jeux d'enfants; c'est là où la plupart d'entre nous ont appris la danse carrée. Il y avait une écurie et un hangar auquel étaient annexés des bâtiments extérieurs. Deux des côtés de l'école étaient percés de grandes fenêtres. Il y avait, au fond du bâtiment, des vestiaires où tous pouvaient déposer bottes et manteaux et, à l'avant, une plateforme pour le pupitre de l'enseignant. La bibliothèque de l'école était munie de quelques étagères de livres et d'une volumineuse encyclopédie Britannica qui, trônant sur son propre support, était une source indiscutable de savoir.

Un poêle à bois a chauffé le bâtiment pendant de nombreuses années. Habituellement, un des élèves les plus âgés avait comme tâche de se rendre tôt à l'école pour allumer le feu. Les jours d'hiver très froids, les élèves avaient pris l'habitude de placer leur pupitre plus près du poêle pour rester au chaud. Bien entendu, dans les années 1940, il n'y avait ni électricité ni eau courante. Tous les jours, il fallait aller chercher de l'eau à la source du voisin. Les élèves les plus grands s'occupaient de cette tâche à tour de rôle. Pendant les durs mois d'hiver, les dames de l'Église Unie de St. Andrew offraient des fonds pour que les élèves puissent manger de la soupe au dîner. La soupe était réchauffée sur le poêle à bois et, parfois, les élèves grillaient leur sandwich sur le feu.

À la fin des années 1940 et au début des années 1950, la Croix-Rouge jeunesse canadienne jouait un rôle important dans la vie scolaire. Chaque année, on élisait des membres, nommait des moniteurs pour la santé et le terrain de jeu. Des réunions avaient lieu tous les mois, au cours desquelles on notait les présences. Un procès-verbal était toujours rédigé par la suite. Chaque réunion commençait par le serment de la Croix-Rouge et se terminait par l'hymne Que Dieu protège le Roi. On récoltait des fonds grâce à la vente de calendriers, à la confection d'animaux de peluche, à la fabrication de jouets et à d'autres projets. Les élèves faisaient également don de quelques sous tous les mois. On peut lire, dans un extrait d'un procès-verbal datant de 1949, que Reta Barton Milks était la présidente et que sa cousine Elsie Barton Woodburn était la secrétaire. Ont également participé à certaines réunions Ruth Blackburn Woodstock, Carson Thompson, Norma Barton McElroy, Raymond Barton et Peter McGlashan. L'une des occasions qui tenaient à coeur aux élèves était le concert annuel de Noël, où chaque élève participait aux récitations, à de courtes mises en scène et à des cantiques de Noël. Les enfants étaient toujours excités de montrer à leurs parents ce qu'ils avaient appris. À la fin de l'année scolaire, l'enseignant distribuait les bulletins et remettait des cadeaux - habituellement des livres d'histoires - aux élèves s'étant le moins absentés et ayant obtenu les meilleurs résultats. Ensuite avait lieu un pique-nique et les élèves avaient droit à quelques surprises.

Au milieu des années 1940, comme de nombreuxpetits élèves au Canada et aux États-Unis, les enfants de Cantley connaissaient bien l'existence de la guerre en Europe. Très souvent, leur père, leur oncle ou leur voisin avait été envoyé au front et leur famille suivait les événements de près à la radio ou dans les quotidiens. L'école recevait des sacs de jute que les enfants utilisaient pour recueillir des gousses d'asclépiades dans les champs et les fossés et on venait récupérer les sacs par la suite. La soie que l'on tirait des gousses était employée dans la fabrication de parachutes, de vestes, de gants et de manteaux pour les forces aériennes. Quand ils eurent fini l'école, bon nombre d'élèves s'engagèrent dans l'armée pour prendre part à la Deuxième Guerre mondiale et, plus tard, à la guerre de Corée. Parmi eux, des membres des familles suivantes : Storey, Sargeant, Barton, Floyd, Thompson, Clarke, Brown et Easey ainsi que deux jeunes femmes de la famille Thompson.

Je me souviendrai longtemps d'avoir dansé en cercle dans la cour de l'école à l'arrivée d'une bonne nouvelle concernant la guerre. C'était sans doute lors de la capitulation de l'Allemagne en mai 1945, car je pense me rappeler de la brise tiède du printemps.

Transcription de la sixième réunion

La sixième réunion de la Croix-Rouge jeunesse a lieu le vingt-huit janvier de l'année 1949. La réunion commence avec le serment. Le procès-verbal de la dernière réunion est lu, Ruth propose l'adoption du procès-verbal tel quel et Carson appuie la motion. La secrétaire lit la lettre que nous avons reçue dans le journal. Le trésorier indique que nous avons 2,17 $ en main. Le responsable de la santé affi rme que certains élèves se sentent mieux et que d'autres ne sont pas encore prêts, donc ils ne seront pas évalués. Nous décidons d'avoir des lapins en peluche pour Pâques. Nous envoyons la somme de 4,60 $, que nous avons reçue de la vente des calendriers. Nous consacrons 1 $ au Fonds Ruth Badgely Shaw. Norma parle de la vie au village, Raymond de la vie dans les villes et Peter de la vie quotidienne au monastère. Norma déclare que la séance est levée; Carson appuie la proposition. Nous terminons la réunion en entonnant Que Dieu protège le Roi.

 

Insigne de la Croix-Rouge jeunesse, vers 1940.

 

Procès-verbal de la réunion de la Croix-Rouge jeunesse, 28 janvier 1949 - transcription.

 

Retour au liste...