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Cet article a été publié par l'Écho de Cantley octobre 2014, Volume 26 no 4. L'Écho de Cantley a explicitement autorisé la publication de ces articles pour l'information et le plaisir nos lecteurs.

L'homme de ses rêves d'Halloween

par Mary Holmes, traduction : Marie-Josée Cusson

La conversation n'a pas commencé lorsque le jeune Joe Boone espérait plus que tout trouver une pouse. On a dû le convaincre de le faire. Cette histoire a été recueillie dans la rubrique « Old Time Stuff » du Ottawa Citizen. Elle date du 16 décembre 1933 et est basée sur un entretien réalisé avec Mme Joe Boone, alors âgée de 88 ans.

L'histoire commence un soir de nouvelle lune, tout juste avant Halloween. Annie Neeley avait alors 18 ans et, de son propre aveu, elle croyait à toutes les superstitions irlandaises : les rêves, les mauvais présages, les visions et autres prémonitions. Elle était née près de Sligo, en Irlande, et ces croyances coulaient dans ses veines.

Le fils d'Annie Neeley Boone, William Boone, et son épouse Mary Ann Evans Boone.

Ce soir-là, elle récita ses prières avant d'aller au lit. Elle était croyante. Avant de se retirer à sa chambre, elle avait dit à sa mère : « C'est soir de nouvelle lune et Halloween arrive bientôt. Ne te presse pas de me réveiller, je veux faire un rêve ». Mme Neeley s'était esclaffée en disant : « Bon, d'accord ». Cette nuit-là, Annie fit un rêve. Elle rêva d'un jeune homme et d'un vieillard arrivant au portail à l'avant de sa maison à bord d'une carriole. Le jeune homme regarda la fenêtre de sa chambre. Lorsqu'elle se réveilla, le rêve demeura en elle et les traits des deux hommes restèrent imprégnés dans son esprit.

Ce matin-là, Annie raconta son rêve à sa mère. « C'est le jeune homme avec qui j'allais me marier. Et, en passant, il a donné à Père un sac de bonbons pour moi. Pourquoi ne me les donnes-tu pas? » Mme Neeley se mit à rire : « Ne sois pas idiote. Toi et tes rêves! Ces bonbons sont sûrement demeurés dans ton rêve ». Et le temps défila.

L'histoire se transporte maintenant à Wilson's Corners. On y trouve William Holmes, un fermier assez âgé, qui discute avec Joseph Boone, le fils d'un fermier bien connu (William Boone) qui vivait près de là. « Joe, pourquoi ne te trouves-tu pas une épouse? Tu as une maison et une ferme où vivre. Pourquoi vivre ici tout le temps? Pourquoi ne pas prendre une épouse? » demanda M. Holmes. Le jeune homme répondit : « Où pourrais-je en trouver une? Je suis trop timide pour courtiser les filles ».

Annie Neeley Boone (assise au centre); ses enfants, debout, de gauche à droite : Mary (Minnie), Rosetta (Et), William (Billy), Margaret, Annie et Rachel (Rae).

« J'ai une idée », dit M. Holmes. « Je connais une fille bien qui habite dans l'arrière-pays de Farrellton, une fille épatante. Je vais vous présenter. Je vais aller avec toi rencontrer son père et je vais te recommander si chaudement qu'il lui conseillera de se marier avec toi, j'en suis convaincu. » « Eh bien », répondit Joseph Boone, « je vous ccompagnerai, mais si elle ne veut pas de moi, je vous en tiendrai responsable. »

Un beau jour de mars (un samedi de mars suivant le rêve d'octobre), William Holmes et Joe Boone prirent leur carriole et, vêtus de leur manteau en peau d'ours, descendirent la longue côte surplombant Wilson's Corners, traversèrent la rivière près de Wakefield et se rendirent dans la campagne de Farrellton.

La scène change encore. Nous sommes maintenant à la ferme des Neeley. Annie Neeley était à la fenêtre de sa chambre et regardait la route. Deux hommes dans une carriole traversèrent le portail, 200 mètres plus loin. Annie descendit les escaliers à toute vitesse et s'exclama à sa mère : « Maman! Les deux hommes que j'ai vus dans mon rêve arrivent. À tort ou à raison, j'épouserai le jeune homme. C'est mon rêve qui me l'a prédit. » « C'est absurde », répondit sa mère.

Est-ce une absurdité ou le destin? Joe et Annie se marièrent le mercredi suivant. Ils passèrent 18 heureuses années ensemble, jusqu'à ce que Joe meurt, encore à un jeune âge. Ils eurent six enfants : Annie, William (qui a repris la ferme et l'a exploitée avec sa femme, Mary Anne Evans), Mary, Margaret, Rachel et Etta. L'une des filles de William, Pearl, épousa Herb Chamberlain et perpétua la tradition de la ferme familiale jusqu'à ce que la propriété soit vendue à quelqu'un qui n'appartenait pas à la famille.

Mary Holmes est membre du Conseil de Cantley 1889, une organisation de bénévoles créée en 2010 pour préserver, protéger et cataloguer l'histoire de Cantley.

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