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Cet article a été publié par l'Écho de Cantley septembre 2014, Volume 26 no 3. L'Écho de Cantley a explicitement autorisé la publication de ces articles pour l'information et le plaisir nos lecteurs.

La drave sur la Rivière Gatineau

par Oriana Barkham

L'article qui suit rédigé par Oriana Barkham a été publié originellement dans le numéro de septembre 1998 de l'Écho. Denis Dubois, Léo Vanasse et certains de leurs collègues affectés à la drave participeront à la célébration du remorqueur de Cantley le 14 septembre.

Nous vous invitons, jeunes et moins jeunes, à participer à un après-midi rempli de musique et d'activités amusantes et marqué par le dévoilement officiel des premières plaques historiques de Cantley - beau temps, mauvais temps!

Monsieur Léo Vanasse a commencé à travailler comme draveur sur la rivière Gatineau en 1943, à l'âge de 16 ans. Il y travailla pendant 44 ans. Monsieur Denis Dubois a commencé, lui, en 1977 et il y resta jusqu'à la fin de la drave en 1993.

Au début, Léo travaillait six jours par semaine selon l'un des deux quarts de travail de 10 heures possibles: soit de 7 h à 18 h ou de 19 h à 6 h. C'était toujours un travail saisonnier, qui débutait avec la fonte des glaces au printemps et se terminait tard l'automne. Une fois, en automne, deux petits bateaux sont restés pris dans la glace à Cascades. Pour les sortir du pétrin, un gros bateau a dû faire un chemin dans la glace jusqu'au camp de Chelsea, là où ils devaient passer l'hiver.

Les billots pouvaient provenir du nord du réservoir Baskatong ou des terrains des riverains. De Paugan, ils descendaient librement la rivière jusqu'à Cascades. À Cascades, les « boomers » les attendaient sur ce que l'on appelait les « booms » (avec l'arrivée d'Hydro-Québec, pour les rapports officiels, ils ont commencé à utiliser le mot « estacade »), pour mettre les billots dans des sacs ou pochettes. Un petit bateau à moteur avec deux cylindres poussait et compactait les billots dans une estacade fermée, alors qu'un autre traînait le sac. Chaque sac pouvait contenir de 1 000 à 1 500 cordes ou « unités » de bois. Un gros bateau tirait ou traînait alors les sacs, parfois trois ou quatre à la fois, de Cascades à la réserve de billots à Chelsea. Si le vent souffl ait du sud, ils devaient souvent utiliser des treuils, en accrochant les bateaux aux « bateaux de roche », ou ancres, installés tout le long de la rivière. Une opération très lente et frustrante. À Chelsea, les conducteurs des bateaux, les matelots et les draveurs ouvraient les sacs et ramenaient les estacades vides à Cascades. Les billots restaient dans ce qu'ils appelaient la baie de Foley, au-dessus du barrage de Chelsea, jusqu'à leur passage dans la chute, pour ainsi contourner les barrages.

Avant l'invention des turbines, le travail nécessitait une grande force, surtout si un billot restait coincé sur le côté, causant ainsi un immense embâcle. Les draveurs surveillaient les billots de 8, 12 et 16 pieds qui pouvaient notamment causer ce problème. Si les hommes arrivaient à temps, ils pouvaient tourner le billot avec leurs gaffes et le descendre à la chute. Sinon, ils devaient fermer l'eau qui traversait la chute et dégager le billot manuellement, au moyen de scies et plus tard de tronçonneuses.

On faisait le nettoyage, c'est-à-dire la récupération des billots échappés le long des rives, deux fois par année, soit pendant trois ou quatre semaines au printemps et à l'automne.

Denis Dubois aimait travailler à l'extérieur sur la rivière et courir sur les estacades. Léo Vanasse aussi, qui recommencerait si c'était possible. Il a occupé tous les emplois: draveur, conducteur de bateau et contremaître.

Voici les noms d'autres draveurs de Cantley : Gaston Larocque, Gérald Charron, Armand, Alphonse et Claude Lepage, Gilles et Guy Dubois et Jacques Vanasse.

 

 

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